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Le bilan carbone

Réduire son impact sur l’environnement et préparer l’avenir avec le bilan carbone





Le réchauffement climatique, ses conséquences environnementales, économiques et sociales font aujourd’hui l’objet d’une prise de conscience auprès de plus en plus de chefs d’entreprises.


Dans un monde aux ressources limitées, assurer sa croissance à long-terme en comprenant et limitant son impact sur l’environnement devient un enjeu prioritaire pour tous les secteurs d’activité.


Pour mesurer leur impact réel, les entreprises réalisent ce que l’on appelle un bilan carbone. C’est un diagnostic quantitatif qui mesure les gaz à effet de serre (dont le CO2 est le plus connu) émis par une organisation (entreprises, école…) ou une entité (collectivité, pays…) afin de réfléchir à des améliorations possibles.


Connaître précisément l’empreinte carbone de son entreprise est la toute première étape pour mieux piloter son activité dans un monde “contraint” énergétiquement.


Dans un second temps, analyser ses émissions de CO2eq et en déduire des actions concrètes est un formidable moyen d’innover et d'anticiper la transition vers une économie “bas carbone”.




Définition

Le bilan carbone, ou bilan GES, ou BEGES (Bilan des Émissions de Gaz à Effet de Serre), est une démarche d’analyse et de mesure des sources d'émission des gaz à effet de serre (GES) d’une organisation (administration, association, entreprise…).

A noter que BEGES ne prend en compte que le périmètre SCOPE 1 et 2 tout en conseillant de prendre en compte le SCOPE 3, alors que le Bilan Carbone intègre les 3 SCOPES.


Dans le cadre de la loi Grenelle II, les personnes morales de droit privé (entreprises, associations …) de plus de 500 salariés ont l’obligation de réaliser un bilan GES.

Le seuil est porté à 250 salariés pour les personnes morales de droit privés situés dans les régions et départements d’outre mer.

Les collectivités sont également concernées avec un seuil de 50 000 habitants au moins.




Pourquoi réaliser un bilan carbone ?

Comprendre la nécessité de mesurer ses émissions de gaz à effet de serre (GES) c’est avoir une vision réaliste et claire de la donne environnementale actuelle.

Derrière la nécessité - et pour certains la volonté - de réduire leur empreinte carbone, se cachent deux problématiques-clés : la contrainte énergétique et le réchauffement climatique.


La contrainte énergétique

Nous vivons dans un monde dans lequel les ressources naturelles que nous utilisons pour produire bien et services sont disponibles en quantité limitée.

Les stocks de matière première dont l’économie mondiale a besoin pour fonctionner - et notamment le pétrole - ne se renouvellent pas ou, pas assez rapidement, par rapport au rythme auquel nous les utilisons, et leur extraction devient de plus en plus difficile et coûteuse.

L’enjeu principal pour les entreprises est de réduire leur dépendance aux énergies fossiles dans un monde où celles-ci se feront de plus en plus rares ?


Le réchauffement climatique

Le réchauffement climatique est un phénomène indéniable. En cause, l’augmentation trop rapide de l’effet de serre, un phénomène naturel qui conditionne la température moyenne à la surface de la Terre.

Le réchauffement climatique actuellement constaté est amplifié par la concentration trop importante de GES - en majorité le CO2 - émis par les activités humaines, notamment les entreprises.

L’Accord de Paris, signé en 2015 par presque tous les pays du monde (les fameux “2 degrés” à ne pas dépasser) fixe des objectifs de réduction des émissions des GES dont découle une politique réglementaire et fiscale que les entreprises ne sauraient ignorer.


Les entreprises ont un impact réel sur l'environnement, et les émissions de GES reflètent la forte dépendance de notre économie aux énergies fossiles. Le bilan carbone intervient au moment où un chef d’entreprise souhaitent à la fois :

  • Comprendre les enjeux liés aux émissions de CO2eq de leur organisation.


  • Analyser leur dépendance aux énergies fossiles.


  • Acquérir une notion de la "vulnérabilité carbone” de leur entreprise.


  • Mettre en place des mesures de réduction des émissions.




Identifier les nouveaux enjeux et les bénéfices d’un bilan carbone

Le bilan carbone est une méthode de calcul développée par l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) dans les années 2000, qui permet de calculer les émissions de GES produite par n’importe quelle entité (entreprises, collectivités, industrie toute entière) en se basant sur des données comparables et de mettre en place un plan d’action efficace.


C’est un gage de qualité et de sérieux pour tous ceux qui souhaitent se sensibiliser aux émissions de GES au sein de leur entreprise.


On pourrait comparer le bilan carbone à un compteur de vitesse qui sert à piloter l’activité de son entreprise dans un monde en transition. Les résultats d’un bilan carbone servent alors à identifier de nouveaux enjeux et de nouvelles opportunités de développement dans une monde “contraint”.


Les principaux enjeux relatifs au bilan carbone pour les entreprises sont les suivants:

  • Comprendre comment réduire ses émissions de GES et quelles sont les priorités pour être efficace (Faut-il mieux éteindre tous les appareils en veille la nuit, opter pour un éclairage LED ou baisser le chauffage de 1°C dans tous vos bâtiments?)


  • Anticiper les changements sectoriels et innover en anticipation.


  • Valoriser ses actions en faveur de l’environnement: Les entreprises incluent souvent leur Bilan Carbone au sein de leur RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) pour améliorer leur image auprès des investisseurs et du grand public.


  • Impliquer ses équipes et les faire monter en compétences sur les problématiques environnementales.


  • Motiver ses équipes en adressant une problématique sociétale.


  • Réduire sa dépendance aux énergies fossiles et identifier les risques et les nouvelles opportunités en se basant sur des données chiffrées et comparables.


  • Il peut également s’agir d’un enjeu réglementaire: (En France, les entreprises de plus de 500 salariés sont obligées de réaliser un bilan carbone).


  • Et puis tout simplement, agir pour la planète et le climat en réfléchissant à des manières de produire différentes ou à des mécanismes de compensation carbone pour s’inscrire dans un futur en cohérence avec les problématiques évoquées plus haut.


S’informer sur les vrais enjeux et se poser les bonnes questions aujourd’hui, c’est prendre de l’avance sur tous ses concurrents demain.




Se familiariser avec la comptabilité carbone

Le bilan carbone se base sur un système de calcul des émissions bien précis. On parle de “Comptabilité Carbone.”


  • Sources d’émissions et définition du périmètre


La première étape est de recenser les sources d’émissions de GES et de définir ainsi un périmètre de comptabilité. Les sources d'émissions directes mais aussi indirectes (cf schéma ci-dessous) de l’entreprise forment alors le périmètre d’étude (également appelé “scope”).


Selon le périmètre d’activité de l’entreprise, on détermine le scope de son impact carbone à travers 3 dimensions :


Scope 1 pour les émissions directes de GES de l’entreprise

Le scope 1 regroupe en réalité 3 catégories d’activités qui sont source de production de gaz à effet de serre. Dans ce périmètre, on retrouve globalement toutes les voies par lesquelles l’entreprise émet directement du carbone. Ce sont entre autres les combustibles consommés ou encore les méthodes de transports utilisés dans la chaîne de production du service.


Scope 2 pour les émissions indirectes de GES

Ce scope regroupe les émissions de GES qui interviennent à la fin de la production du service, et donc dans la phase de consommation. Cela concerne l’impact des consommateurs qui se déplacent par exemple pour venir consommer le produit ; la gestion du cycle de vie ou plutôt de fin de vie des produits.


Scope 3 pour les autres émissions indirectes de GES

Ici, on retrouve plutôt les émissions de gaz qui ont lieu avant et après la production ou la consommation du produit. Cela concerne l’impact des employés engagés dans la chaîne de production par exemple ; soit pour se rendre à leur lieu de travail, transporter le matériel ; l’impact de la chaîne logistique ; etc.


Le tableau suivant récapitule les principales activités qui se retrouvent dans ces différents scopes :



Prenons l’exemple pour une chaîne de boutiques d’ameublement d’intérieur possédant une dizaine de points de vente en France. On comptabilisera les émissions liées à trois types d’activités:


  • Les activités amont: La fabrication des meubles, le transport des meubles jusqu’aux boutiques.


  • Les activités propres à l’entreprise: Les véhicules utilisés par les salariés, la consommation électrique des boutiques.


  • Les activités aval: L’utilisation des produits vendus, les déplacements de clients, la livraison des meubles, l'énergie nécessaire à leur utilisation, le traitement des déchets des meubles en fin de vie.


Par souci d'exhaustivité, le bilan carbone prend donc en compte “toutes” les émissions liées à votre activité et pas seulement celles générées par vos bureaux ou points de vente afin de donner une vision holistique de votre impact environnemental.


Les données d’activité

La seconde étape consiste à rassembler les “données”. Un exemple de donnée est par exemple, “la consommation en carburant d’un camion de votre flotte pour 100 km parcouru”. Soit vous disposez de cette information en interne, soit il vous faudra aller la chercher auprès du constructeur sur son site internet par exemple.


Les données sont donc disponibles en interne ou sont à collecter auprès de vos clients, fournisseurs voire par le biais de rapports statistiques ou publiques.


Les facteurs d’émissions

Pour chaque activité présente à l’intérieur du périmètre défini préalablement on va multiplier des données d’activités par des facteurs d’émission pour obtenir la quantité de GES liée à une activité. Ces facteurs, construits sur la base de moyennes, sont disponibles sur le site de l’ADEME dans la “Base Carbone.” Ils sont les mêmes pour tous les acteurs économiques.



Par exemple, si un camion a besoin de 20 litres d’essence pour effectuer 100 km (la donnée) et que son moteur émet 3,5 kg de C02 par litre d’essence (le facteur d’émission), alors les émissions seront de 50 x 3,5 = 70 kg de C02 pour 100 kilomètres parcourus.



20 litres carburant pour 100km X 3,5kg CO2eq par litre = 70 kg de C02 pour 100km



Au final, un bilan GES comptabilise les émissions de 6 principaux gaz reconnus comme étant à effet de serre. Le C02 étant le gaz le plus répandu, le résultat d’un bilan carbone est exprimé en tonnes équivalent C02. C’est donc un indicateur qui n’est pas économique mais quantitatif.


En raisonnant sur des moyennes utilisées dans le mode de calcul des facteurs d’émission, on n’obtient jamais un résultat exact en termes de tonnes équivalent CO2 rejetées dans l’atmosphère. Mais l’objectif n’est pas là ; le bilan carbone permet de se donner des ordres de grandeur pour comparer ses émissions à celles de son secteur d’activité ou d’une autre entreprise similaire.




Les obligations réglementaires du secteur privé

Depuis 2010, le bilan carbone est devenu obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés en métropole et de de plus de 250 personnes dans les DOM. Il doit être accompagné d’une synthèse des mesures et des actions programmées à la suite des résultats.


Depuis 2015, la loi sur la transition énergétique contraint les entreprises “obligées” à réaliser un bilan carbone tous les 3 ans. Une amende est prévue en cas de manquement.


Les bilans carbone doivent être ensuite transmis et publiés sur la plate-forme de l’ADEME sur laquelle il vous faudra au préalable créer un compte sur http://www.bilans-ges.ademe.fr/




Comment s’y prendre ?


Utiliser les bons outils

Depuis 2015, la France s’est engagée dans une Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC), c'est-à-dire un plan de baisse des émissions de GES secteur par secteur dont l’objectif est la neutralité carbone d’ici à 2050. Même si les objectifs ne sont pas toujours atteints chaque année, il s’agit d’une démarche proactive face au changement climatique à laquelle les entreprises sont associées.


L’ADEME a publié un rapport de la moyenne des émissions par secteur d’activité. C’est un excellent outil pour vous aider à lister les sources d’émissions et identifier celles qui sont les plus nocives pour l’environnement dans votre branche.



L’ADEME met également à disposition des documents disponibles en téléchargement gratuit pour commencer son bilan comme ce guide méthodologique complet ainsi que des guides sectoriels avec pour chacun une liste hiérarchisées des sources d’émissions et des fiches méthodologiques qui vous aident à:

  • Identifier les parties prenantes au bilan carbone en interne.


  • Préparer sa démarche bilan carbone en la planifiant avec soin.


  • Choisir les bons facteurs d’émission dans la Base Carbone.


  • Organiser la collecte des données au sein de votre entreprise.


  • Réfléchir à un plan d’action pour réduire ses émissions de CO2eq.


Il existe même des "templates" sous forme de fichiers (Excel ou CSV) téléchargeables pour faciliter la récolte et l’analyse des données.

Des consultants ADEME sont également à votre écoute via un forum pour répondre à vos questions et vous guider.


La première démarche à faire est d’inscrire votre entreprise sur le site de l’ADEME afin d’avoir accès au maximum d'informations disponibles.


Le site de l’association Bilan Carbone (ABC) est également une excellente source d’informations. Depuis 2011, l’ABC est chargée de porter et développer la méthodologie du Bilan Carbone élaborée par l’ADEME.




Combien de temps prend un bilan carbone ?

Un bilan carbone réalisé par un prestataire externe dure en moyenne entre 8 jours et 20 jours. Chaque cas étant différent et ayant ses particularités.

Il existe aujourd'hui des outils qui facilitent et accélères le traitement de la masse de données. Un bilan carbone ou un BEGES d'une TPE peut prendre beaucoup moins de temps.

Un bilan carbone réalisé en interne dure plus longtemps. Principalement par manque d’expériences et de technique. Le fait que les personnes chargées de la réalisation du bilan carbone en interne aient également d’autres fonctions dans la structure, le temps de réalisation de la mission est étalé dans le temps, selon la disponibilité.




Combien coûte un bilan carbone ?

C’est encore une histoire de taille d’entreprise, de nombre de sites et de leur localisation ainsi que de quantité d’employés. Plus c’est complexe, plus la facture s’adapte.

Cela dépend également de la méthode employée et des scopes qui seront traités (scope 1, scope 2, scope 3).

Le prix d’un bilan carbone réalisé dans les règles se situe en moyenne entre 5000€ht et 15000€ht. Pour les TPE, le tarif peut débuter à partir de 900€HT.

Une subvention existe si la prestation est réalisée dans les règles de l’art par un prestataire référencé à l’ADEME.




Quand faire un bilan carbone ?

Un bilan carbone se calcule, idéalement, sur une année civile. La réalisation du bilan se fait, de préférence, sur le premier trimestre de l’année suivante pour la remise du rapport au moment de la présentation du bilan de l'entreprise, par exemple.

Dans le cadre d’une démarche éco-responsable intégrée dans une politique écologique concrète d’une structure, le bilan carbone est à suivre tous les ans et les données doivent être récoltées régulièrement tout au long de l’année.




Se faire accompagner par des professionnels

S’il s’agit de votre premier bilan carbone ou si vous souhaitez réaliser un bilan carbone réglementaire, nous vous conseillons de vous faire accompagner par un cabinet de conseil compétent.

L’appel à un prestataire extérieur est une solution plus simple. En plus de faire appel à un professionnel expérimenté, cela fait gagner du temps.

Cependant, pour être certain de faire appel à un professionnel ayant suivi une formation adaptée, il est préférable de se référer à la liste des prestataires reconnus par l’ADEME, accessible sur le site https://www.associationbilancarbone.fr/annuaire-des-prestataires/

Ce n’est pas obligatoire mais cela reste une référence pour faire affaire avec un professionnel respectant une procédure contrôlable.

De plus, faire appel à un professionnel référencé ouvre les portes de financements de l’ADEME.




Conclusion

Mesurer la quantité de C02eq émise par votre entreprise est une démarche écoresponsable.

C’est une étape indispensable pour l'amorçage d’une politique environnementale.

C’est aussi un outil annuel de suivi de l’évolution des bonnes pratiques de l'entreprise pour réduire l’impact climatique.

Il s’agira forcément d’un projet qui obligera votre organisation à se poser des questions nouvelles et répondre à des problématiques inexistantes jusqu’alors que vous pouvez transformer en opportunités.



L'équipe Foresteam

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