L’empreinte environnementale des produits : que savez-vous du PEF ?


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Selon les travaux de la Commission européenne, l’empreinte carbone ne représente qu’un tiers de l’impact environnemental global d’un produit. Mesurer l’empreinte carbone seule n’est donc pas suffisant pour évaluer la performance environnementale d’un produit ou d’un service. L’objectif de la méthode PEF (Product Environmental Footprint), initiée par l’Union européenne (UE), est d’aboutir à une mesure rigoureuse et commune de l’empreinte environnementale des produits. La France est précurseur dans le domaine. La Convention Citoyenne pour le Climat a également mis en avant ce besoin d’information pour le consommateur maintenant inscrit dans la Loi Climat et Résilience. Nous vous proposons dans cet article un éclairage sur la méthode PEF de l’UE et sur les initiatives lancées en France sur l’affichage environnemental. Nous terminerons par une présentation de deux outils de mesure d’empreinte environnementale.


La méthode PEf


Définition de la méthode


La méthode de calcul de l’Empreinte environnementale des produits (PEF) a été initiée en 2011 dans le cadre de travaux commandés par la Commission européenne.


L’objectif de la PEF est de mesurer l’impact environnemental global des produits :

  • pour offrir aux consommateurs des données fiables sur les produits du marché européen et les aider à faire leur choix en prenant en considération ses performances environnementales ;

  • pour soutenir l’économie circulaire en fournissant des données comparables tout au long de la chaîne de valeur, favorisant ainsi la collaboration des parties prenantes, voire l’optimisation de la conception du produit du point de vue environnemental.


Publiée en 2013, la méthode PEF a été suivie d’une série de travaux et d’expérimentations réalisés par des scientifiques, des experts et des fabricants volontaires (soit plus de 2 000 participants). Le résultat obtenu est à la hauteur de l’enjeu, puisque la méthode expérimentée s’est révélée efficace sur tous les produits testés, des bières aux batteries, en passant par la peinture et les sources d’énergie, couvrant ainsi une large gamme de familles de produits du marché.


La méthode PEF fournit donc des données reproductibles, comparables et vérifiables, et ce, sur le cycle de vie entier du produit, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à sa fin de vie. Elle apporte une vision globale de l’impact des produits sur l’environnement, bien au-delà du seul impact carbone.


Une méthode basée sur l’Analyse du cycle de vie du produit


La méthode PEF vise à intégrer l’ensemble des éléments des cycles de vie dans l’évaluation de l’empreinte environnementale.

Elle repose sur un calcul multicritère de plus d’une dizaine de paramètres environnementaux, établis par famille de produits (consommation d’eau, utilisations des sols, empreinte carbone, épuisement des ressources…).


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Cette approche passe par l’Analyse du Cycle de Vie du produit. Selon l’ADEME, « L’analyse du cycle de vie (ACV) recense et quantifie, tout au long de la vie des produits, les flux physiques de matière et d’énergie associés aux activités humaines. Elle en évalue les impacts potentiels, puis interprète les résultats obtenus en fonction de ses objectifs initiaux. »



L’ACV est donc aussi intéressante dans une démarche d’écoconception, car elle aide à déterminer le niveau de ressources nécessaires pour la fabrication d’un produit, dans un souci de faible impact environnemental.

La démarche ACV est encadrée par les normes ISO 14040 et 14044, qui apportent un cadre et des lignes directrices aux entreprises désireuses de se lancer dans une démarche d’analyse du cycle de vie de leurs produits.

Grâce aux règles communes instaurées par la méthode PEF, il est ainsi plus aisé de comparer des ACV à différents niveaux (industrie, consommateur…).


L’initiative PEF en France


La France, précurseur en matière d’affichage environnemental


La France n’a pas attendu les directives de l’Union européenne pour se lancer dans la démarche de mesure de l’impact environnemental des produits. Elle a même été pionnière dans le domaine !


Depuis 2009 dans le cadre du Grenelle de l’environnement, deux lois ont instauré l’obligation d’un affichage environnemental d’un produit ou d’un service :

  • La loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) impose dans son article 90 l’obligation pour toute entreprise d’accompagner ses allégations environnementales de données plus complètes sur « les principales caractéristiques environnementales de ce produit ». La communication sur les performances environnementales d’un produit reste volontaire, mais doit pouvoir être justifiée par une documentation plus complète, limitant ainsi les actions de greenwashing.

  • Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (Loi AGEC de 2020) instaure officiellement un dispositif d’affichage environnemental ou environnemental et social volontaire. Elle a aussi lancé une expérimentation de 18 mois qui devrait aboutir à la fin 2021 aux modalités de mise en œuvre de l’affichage environnemental et à une liste des catégories de produits pour lesquels cet affichage sera rendu obligatoire.


De plus, l’article 1er de la Loi « climat et résilience » renforce la dynamique de l’affichage environnemental. En effet, le non-respect de l’obligation d’affichage des catégories de produits suite à la loi AGEC sera contrôlé dans des conditions déterminées par un décret en Conseil d’État.


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Les expérimentations en cours


Bien que l’expérimentation instaurée par la loi AGEC s’adresse plus particulièrement aux secteurs du textile et de l’alimentation, les entreprises des autres secteurs peuvent aussi y participer. Le but est bien d’harmoniser le plus rapidement possible les référentiels afin de fournir au consommateur une information comparable entre produits ou services.


Menée par le ministère de la Transition écologique et l’ADEME, cette expérimentation est engagée auprès d’entreprises volontaires, qui y trouveront un intérêt en :

  • testant la méthode sur le plan opérationnel ;

  • engageant une démarche d’écoconception dans le cadre d’une amélioration continue de leur production ;

  • informant les consommateurs sur les impacts environnementaux de leurs produits ou services lors de l’achat, pour les sensibiliser à la consommation responsable.


L’affichage environnemental est représenté par une note A, B, C, D ou E (identité graphique déposée) affichée sur les produits ou services, en rayonnage ou sur internet.


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L’expérimentation doit être menée jusqu’à la fin 2021, avec un bilan rendu au Parlement comprenant une étude de faisabilité et une évaluation socio-économique. Sur la base de ce bilan, un décret définissant la méthodologie et les modalités de l’affichage environnemental sera publié.

Des exemples d’outils de mesure d’impact environnemental


L’éco-score dans le secteur agroalimentaire


Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le secteur de l’alimentation génère à lui seul 21 à 37 % des émissions de gaz à effet de serre. La mesure de l’impact environnemental des produits alimentaires représente donc un défi important et nécessaire à relever pour sensibiliser et diminuer ce pourcentage.


Parallèlement à l’expérimentation de l’ADEME déjà mentionnée, une initiative collective inédite de plusieurs acteurs engagés du domaine de l’alimentation a été lancée en 2020. Sociétés d’applications de scan de produits pour consommateurs, traiteurs, entreprises de livraison de plats à domicile, fournisseurs de produits bio et sites de recettes de ligne se sont regroupés pour aboutir à la sortie de l’éco-score en janvier 2021.


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L’éco-score est un outil pédagogique pour sensibiliser le consommateur sur l’impact de son alimentation. C’est aussi un outil de changement, puisqu’il aide le consommateur à faire ses choix entre produits. La maîtrise de l’éco-score permet par ailleurs aux professionnels du secteur d’être plus transparents, de faire évoluer leurs offres et de réduire leurs impacts.


Deux composantes permettent de calculer l’éco-score d’un produit :

  • les impacts environnementaux pendant tout le cycle de vie du produit alimentaire mesurés à partir d’une base de données nationale de référence, l’AGRIBALYSE, qui comprend plus de 2 500 produits alimentaires. Une première note sur 100 est alors obtenue.

  • des critères qualitatifs supplémentaires, tels que la recyclabilité des emballages, la présence de labels, la provenance des produits ou la saisonnalité des produits. Ces critères apportent des points de bonus ou malus, augmentant ou réduisant la note initiale sur 100.


Glimpact, l’outil de mesure de l’empreinte environnementale des produits


Glimpact est un outil en ligne ayant pour ambition de fournir de manière simple et rapide une évaluation complète de la performance environnementale des produits.

Ils se définit comme « l’outil manquant, le levier permettant l’exploitation opérationnelle immédiate de la méthode PEF ».


La start-up française a développé, selon les standards de la méthode PEF couplés de sa propre expertise, une base de données de référence très riche obtenue à partir des meilleures sources du domaine (base de données de la Commission européenne, base AGRIBALYSE, Base IMPACTS®…). Elle propose ainsi une évaluation précise de l’impact environnemental global d’un produit, voire d’une activité (par ligne de fabrication, par usine, par gamme complète de produits, ou même de l’entreprise dans son ensemble).


La performance environnementale du produit est obtenue en quelques minutes après avoir répondu à quelques questions précises. Glimpact fournit ainsi le score PEF, réparti sur les 16 critères environnementaux de la méthode et accompagné d’explications permettant d’analyser son empreinte et de mettre en place un plan d’actions pour la réduire.


Glimpact a été retenu par l’ADEME dans le cadre de l’appel à projet sur l’affichage environnemental des produits alimentaires.



Conclusion


La méthode PEF, reconnue comme la référence européenne en matière de mesure de l’empreinte environnementale des produits, pourrait même être appliquée à l’échelle mondiale. Il s’agira alors d’une véritable aubaine, à la fois pour les sociétés vertueuses, pour les consommateurs, mais également et surtout pour la planète, grâce à la réduction de l’empreinte environnementale globale des produits et services proposés.



L’équipe Foresteam


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