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Traité de Kunming : au secours de la biodiversité dès 2021 ?



Sur les vingt objectifs d’Aichi définis en 2010, aucun n’a été atteint.

Le Plan stratégique pour la diversité biologique est un échec.

À l’issue de la COP 15, prévue en novembre 2021, le traité de Kunming fixera un cadre mondial pour la protection de la biodiversité jusqu’en 2050.


Entre crises sanitaire, climatique, économique et perte accrue de la biodiversité, sauver la planète correspond à un état d’urgence.

Foresteam vous en dit plus sur un contexte compliqué et sur une conférence des parties déterminante pour l’avenir de notre Terre.




Qu’est-ce que le traité de Kunming ?


Après signature et ratification, le traité de Kunming représentera un document international contraignant pour les États engagés dans la COP 15 sur la diversité biologique.

Il permettra de prendre une décision pour définir un cadre mondial strict pour la biodiversité jusqu’en 2050.


Prévue à Kunming en Chine, la 15e conférence internationale sur la diversité biologique a été reportée deux fois en raison de la crise liée à la covid-19.

Initialement fixée en octobre 2020, puis en mai 2021, la Conférence des Parties devrait avoir lieu du 11 au 24 octobre 2021.


Deux documents serviront de base dans la définition de la future stratégie :

Mais comment se porte la biodiversité à la veille de cette rencontre ?




Pourquoi la situation actuelle mondiale est-elle alarmante pour la biodiversité ?


Une situation qui ne cesse de s’aggraver depuis 2010

Le report de la COP 15 d’une année ne représenterait pas un problème grave si la situation concernant la biodiversité ne l’était pas autant.


Le Global Biodiversité Outlook 5 montre en effet que parmi les vingt objectifs d’Aichi définis en 2010, aucun n’a été atteint ! Plus précisément, seuls six objectifs ont été partiellement atteints.


Adoptés par les États engagés lors de la Convention sur la diversité biologique qui a eu lieu à Aichi, au Japon, ces objectifs constituaient le Plan stratégique pour la diversité biologique pour la période de 2011 à 2020.


Un défaut de résultats qui mène à l’urgence

Les propos d’Elizabeth Maruma Mrema, secrétaire exécutive de la convention de la CDB (Convention des Nations unies sur la diversité biologique), sont sans équivoque : « L’humanité se trouve à la croisée des chemins en ce qui concerne l’héritage que nous souhaitons laisser aux générations futures ».


Autrement dit, il faut agir maintenant avant qu’il ne soit définitivement trop tard.

Les actions individuelles en faveur de la biodiversité comptent, mais ne suffisent pas.


Les écosystèmes ne pourraient se remettre d’un énième bilan catastrophique à l’échéance 2030 ou 2050.


Sauver la planète représente bien plus qu’une formule alarmiste et doit correspondre à des décisions qui vont au-delà de vagues déclarations d’intention.


L’action doit être rendue possible pour que les choses changent durablement et sans pénaliser les populations les plus sensibles.


Une évolution profonde des mentalités, des modes de consommation et des besoins de développement jugés pertinents doit s’amorcer.




Le traité de Kunming contiendra-t-il toutefois de bonnes nouvelles ?


Certaines actions exemplaires ont été réalisées au cours des dix dernières années et ont eu pour effets :

  • Le ralentissement de l’extinction de certaines espèces

  • Une meilleure identification des espèces exotiques invasives

  • Un accroissement du nombre d’espèces protégées

  • Une élaboration de stratégies de protection nationales

  • Une augmentation des aides publiques au développement.

Malheureusement, ces quelques pas en avant sont contrebalancés par des échecs plus importants qui nuisent de façon globale à la biodiversité :

  • Détérioration de la qualité et de la surface des zones protégées, notamment du fait du déversement de substances nocives, voire toxiques

  • Effondrement de la biodiversité des milieux fragiles, notamment eaux douces et zones humides

  • Maintien des inégalités au niveau de l’allocation des ressources financières indispensables à la préservation des milieux

  • Partage des connaissances aléatoire et partiel

Les changements climatiques et l’acidification des océans font partie des facteurs aggravants qu’il convient aussi de considérer. La COP 26, qui devrait se réunir à Glasgow en novembre 2021, abordera la problématique, faisant ainsi de 2021 une année charnière dans la prise de décisions en faveur de l’environnement.




Pourquoi la COP 15 à Kunming représente un tournant décisif pour la planète ?


Un changement de stratégie indispensable

La 15e session de la COP tentera de comprendre pourquoi les objectifs du plan stratégique du CDB n’ont pas été atteints :

  • Quels ont été les freins à leur réalisation ?

  • Dans quelle mesure leur atteinte était-elle seulement possible ?

  • Certains objectifs demandent-ils davantage de moyens pour être réalisés ?

  • Comment ces objectifs sont-ils perçus par l’ensemble des populations ?

Les Nations unies souhaitent simplifier les modalités de protection de la biodiversité.


Les acteurs non étatiques (entreprises, opérateurs de compensation, associations, etc.) seront intégrés à la démarche ainsi que le partage de référentiels et de modèles communs de mesure de l’empreinte des activités sur la biodiversité.


Les enjeux du Développement durable apparaîtront en position centrale des échanges puisque les décisions prises vis-à-vis de la biodiversité devront s’harmoniser avec les besoins en matière de nutrition et de subsistance des personnes. Les discussions seront ainsi écologiques, sociétales et économiques.


Un retard d’un an qui renforce la nécessité d’agir vite

La crise sanitaire, en bouleversant le calendrier décisionnel mondial, a également enfoncé le clou face à l’urgence d’agir.


Stopper la dégradation de la nature prend une nouvelle signification depuis la pandémie du coronavirus. L’érosion de la biodiversité pourrait aller de pair avec l’accroissement de la propagation de maladies mortelles entre humains et animaux.


Le retard d’un an accusé par la COP 15 et l’élaboration du traité de Kunming pourrait ainsi être perçu comme une occasion supplémentaire de s’engager sans délai dans des mesures efficaces et contraignantes pour éviter un désastre annoncé.


L’équipe Foresteam


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